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8 mars, la Journée de la femme : y’a-t’il vraiment de quoi fêter! (2e partie)

Dans Statut de la femme, le 4 mars 2010 par Roger Blanchette Tagué: , , , , , , , , , , , ,

Après avoir parlé de la situation des femmes au Canada, 100 après la déclaration de Clara Zetkin, voici un tableau désespérant de la vie des femmes dans le monde.

À l’échelle de la planète, les femmes effectuent 80 % de tout le travail, salarié ou non; pourtant, elles ne possèdent que 10 % des richesses. Cela n’est qu’une donnée parmi d’autres qui illustre la persistance des inégalités.

Dans 26 pays du monde, des fillettes de plus en plus jeunes sont sexuellement mutilées de façon barbare, sous prétexte de préserver leur virginité. Les conséquences physiques et psychologiques sont terribles. La pratique se répand même en Amérique du Nord et en Europe avec la complicité de médecins sans scrupules.

Au Pakistan, en Afghanistan, en Iran, en Arabie Saoudite, au Yémen, les « crimes d’honneur » perpétrés par des membres de la famille se comptent par centaines, et sont couverts par les autorités.

Au Kosovo, en Bosnie, au Soudan, au Libéria, au Congo, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et dans beaucoup d’autres pays en guerre, les viols systématiques, et souvent collectifs, sont ou ont été commis sur ordre, de façon systématique, pour déstabiliser et anéantir des communautés.

En Europe de l’Est, des milliers de jeunes filles sont vendues chaque année, entre 10 000 $ et 15 000 $ chacune, pour alimenter les réseaux de prostitution au Canada, aux États-Unis et en Europe de l’Ouest. Les gouvernements de ces pays le savent, et ne font rien.

En Thaïlande, au Cambodge, aux Philippines, en République Dominicaine, des milliers de jeunes filles sont enlevées, ou achetées à leur famille pauvre et impuissante, pour fournir des bordels fréquentés par des touristes nord-américains, européens ou japonais. En Europe, on vend mêmes des guides touristiques pour pédophiles où on leur fournit les meilleurs « destinations ». En Thaïlande, cette exploitation sexuelle se double, et est alimentée par une exploitation économique sans vergogne! Une bonne partie des appareils électroniques, des jouets et d’autres objets que nous achetons sont fabriqués dans des conditions absolument inhumaines.

En Inde, des dizaines de milliers de petites filles sont tuées, ou empêchées de naître, grâce aux échographies, parce que leur famille n’a pas les moyens de payer la somme astronomique que constitue la dot; cette pratique est théoriquement interdite mais est tolérée par les gouvernements.

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, au Mexique et au Pérou notamment, la violence contre les femmes et leur meurtre gratuit, prend des proportions inimaginables, et les gouvernements ne mettent aucun empressement à y mettre fin.

Aux États-Unis, les prisons pour femmes, nombreuses et remplies, qui sont gardées la plupart du temps par des hommes, sont le théâtre de brutalités, de viols et de toutes sortes de sévices, en toute impunité.

Quand au Canada, j’en ai parlé dans le texte précédent. Voici où on en est, 100 ans après Clara Zetkin. Non, il n’y a vraiment pas de quoi fêter. Mais il y a sûrement de quoi continuer la lutte!

Roger Blanchette

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8 mars, la Journée de la femme : y’a-t’il vraiment de quoi fêter! (1e partie)

Dans Statut de la femme, le 27 février 2010 par Roger Blanchette Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , ,

Le 8 mars 1910, Clara Zetkin, une des femmes les plus militante et attachante du XXe siècle, proposait, lors d’un congrès à Copenhague, la création d’une Journée internationale de la femme, afin de reconnaître et de souligner les luttes menées par les femmes partout dans le monde. Ce n’est cependant qu’un 1977 que les Nations-Unies officialisaient le 8 mars comme la Journée internationale de la femme.

Un siècle après le vœu de Clara Zetkin, où en est-on? Ce serait bien sur malhonnête de dire qu’il n’y a pas eu de progrès, mais il serait encore plus dangereux d’affirmer qu’il ne reste plus de luttes à mener : dans le cas du Canada notamment, on peut même parler de retour en arrière! Ce sera le sujet de ce premier texte.

Disons d’emblée que la situation des femmes au Canada s’est largement détériorée depuis l’arrivée au pouvoir des Conservateurs, même si les Libéraux étaient loin d’être sans reproche! Par exemple, saviez-vous que l’organisme fédéral « Condition féminine Canada » n’a plus le droit d’utiliser les mots égalité des sexes dans la description de son mandat?

Le même organisme a du fermer 12 de ses 16 bureaux au pays sous prétexte qu’il n’est pas nécessaire de séparer les dossiers des femmes de ceux des hommes! Les organisations féminines qui défendent des revendications politiques n’ont plus droit à des subventions du fédéral! Contentez-vous de faire de la couture et d’organiser des bingos! L’abolition du financement du Programme de contestation judiciaire, si elle ne vise pas spécifiquement les femmes, les a particulièrement affectées. Au niveau de l’aide internationale, tous les projets visant expressément l’égalité des sexes se sont vus couper leur financement. Toutes ces décisions politiques et administratives viennent en outre camoufler une réalité encore plus concrète!

Le Canada se situe maintenant au 73e rang mondial selon l’indice de disparité entre les sexes de l’ONU : en 2004, il se situait au 7e rang. La descente est digne d’un record olympique! Vive Harper!

Pour ce qui est des conditions économiques, les femmes ne gagnent toujours que 70,5 % du salaire d’un homme, malgré le fait que, globalement, les femmes sont largement plus scolarisées que les hommes. Trouvez l’erreur!

Les violences physiques et sexuelles contre les femmes sont en augmentation. Le nombre de femmes itinérantes est en augmentation, et 55 % d’entre elles ont été agressées sexuellement. Mais, au Canada, on ne doit plus parler d’égalité entre les sexes, puisque c’est un vieux débat et que tout est réglé!


Les femmes autochtones

Depuis plusieurs années, l’ONU dénonce et critique régulièrement le Canada pour le traitement qu’il inflige aux autochtones. En 2007, le Canada a été un des seuls pays (4) à refuser de signer la Convention sur les droits des autochtones.

Les femmes subissent ainsi une double discrimination : en tant que femme, et en tant qu’autochtone! En plus des discriminations et des injustices incluses dans la Loi sur les Indiens (de juridiction fédérale), elles vivent une situation de précarité permanente à tous les niveaux : 36 % d’entre elles vivent dans la pauvreté, 40 % n’ont pas terminé leur secondaire, la plupart du temps, faute d’école. On dénombre plus de 500 femmes autochtones assassinées ou disparues au cours des dernières années : à peine la moitié de ces cas ont été élucidés, la police montrant très peu d’empressement à cet effet! Les violences physiques et sexuelles à l’intérieur des réserves atteignent des taux astronomiques, sans qu’aucune mesure concrète ne vienne, ne serait-ce que tenter, de trouver des solutions!

Les conditions de vie insalubres, la surpopulation des logements qui touchent la majorité des autochtones, rendent leurs vies particulièrement précaires. Rien d’étonnant que le taux de suicide chez les femmes autochtones soit de 7 à 8 fois plus élevé que dans la population en général.

Conclusion

Rappelons que le Canada se targue d’être l’un pays des plus avancés et des plus démocratiques au monde. Le gouvernement canadien envoie nos soldats se faire tuer en Afghanistan, supposément pour apporter la liberté et la démocratie, et selon les textes officiels, pour améliorer la condition des femmes afghanes! Quelle hypocrisie!

Les femmes canadiennes se doivent de continuer, et même de reprendre, la lutte. Les dernières années nous démontrent clairement que les quelques progrès qui ont été faits depuis le discours de Clara Zetkin, en 1910, sont réels, mais très fragiles. Cela a pris des générations de femmes, et des luttes parfois violentes pour faire avancer les droits des femmes. Pourtant, ça ne prend qu’une signature d’un crétin macho fondamentaliste comme Stephen Harper pour les faire reculer! Ce combat concerne les hommes autant que les femmes : ce n’est pas une question de sexe, c’est une question de justice et de solidarité.

Roger Blanchette

P.S.      Dans le prochain texte, je parlerai de la situation des femmes dans le monde : une guerre de tous les jours dont les médias ne parlent que rarement.

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Haïti : Vers une autre catastrophe

Dans reconstruction haïti, le 23 février 2010 par Roger Blanchette Tagué: , , ,

Un peu plus de quarante jours après le séisme qui a frappé Haïti, de quoi nous parlent les médias? Du cirque olympique bien sur! Oh! on parle aussi de Haïti pour nous montrer les visites de Harper, Sarkozy et autres chefs d’État en mal de visibilité.

Pendant ce temps, l’armée des États-Unis a carrément pris le contrôle du pays : on ne parle plus d’aide humanitaire, mais carrément d’invasion. Toute une flotte de guerre avec porte-avion et destroyers, bloque le seul grand port du pays, empêchant ainsi la véritable aide humanitaire d’arriver. L’aéroport est aussi sous contrôle américain, avec les mêmes conséquences. Plus de 15 000 soldats des Marines, sous prétexte de maintenir l’ordre, sont en train de placer les organisations humanitaires sous leurs ordres.

Pendant ce temps, deux millions de personnes dépendent d’une aide humanitaire qui arrive au compte-goutte, provoquant colère et frustration, ce qui sert de justification à la présence des Marines. Pendant que les médias regardent ailleurs, une autre catastrophe se prépare, avec la saison des pluies qui approche à grands pas. À cause, notamment, de la déforestation sauvage, les pluies amènent chaque année leur lot de morts et de dévastation. Cette année, cela risque de se transformer carrément en catastrophe pour une population déjà affaiblie et vivant dehors, sans aucun abri.

À court terme, il faudrait absolument 200 000 tentes pour tenter d’éviter le désastre. Malgré les cris d’alarme à cet effet lancés par les organisations humanitaires de même que par le président Préval, rien ne semble bouger en ce sens. Mais que valent la vie et la sécurité de deux millions de personnes devant une photo de Sarkozy, ou quelques médailles d’or?

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Haïti : De l’aide à la recolonisation (Tibor Mende)

Dans Uncategorized, le 12 février 2010 par Roger Blanchette Tagué: , , , , , , ,

Comme je l’ai déjà dit, la catastrophe qui a frappé Haïti en janvier dernier, a provoqué un mouvement de solidarité d’une ampleur rarement vue. Mais les discours officiels servent de paravent à une stratégie concertée, déjà expérimentée ailleurs depuis une trentaine d’années. Sur les ruines de Port-au-Prince se profile le spectre du néo-colonialisme. De plus, en mettant le focus uniquement sur les conséquences, dramatiques bien sur, du séisme, on vise à occulter les vraies causes de la pauvreté des haïtiens, laquelle n’a rien à voir avec la fatalité.

Rappelons rapidement quelques faits historiques. À la fin du XVIII siècle, les esclaves africains des plantations françaises d’Haïti se soulèvent, et avec un courage et une détermination incroyables, obtiennent leur liberté et leur indépendance en combattant la plus grande armée de l’époque, celle de Napoléon. Haïti devient ainsi le deuxième pays d’Amérique, en 1804, vingt ans après les États-Unis.

Une vingtaine d’années plus tard, la France, appuyée par les États-Unis et l’Angleterre, exige du gouvernement haïtien le remboursement d’une somme de 150 millions de francs comme dédommagement pour les biens des colons français, les anciens propriétaires d’esclaves. Sous la menace, le pays se voit donc endettés pour des années, se plaçant ainsi dans un cycle de dépendance et de pauvreté. Les États-Unis en profitent pour prendre le contrôle de l’économie du pays et de ses ressources.

En 1915, ils envahissent même le pays pour défendre leurs intérêts économiques : l’occupation militaire durera vingt ans, jusqu’en 1935, faisant des milliers de victimes parmi la population. Par la suite, le pays sera sous la coupe de dictateurs soutenus par les États-Unis, dont les tristement célèbres Duvalier, père et fils. En 1991, la population reprend espoir avec l’élection de Jean-Bertrand Aristide. Mais le gouvernement des États-Unis n’est pas prêt à lâcher sa proie : renversé une première fois par un coup d’état militaire, Aristide revient au pouvoir mais pas pour longtemps. À partir de 2001, les États-Unis convainquent la Banque mondiale et plusieurs pays de couper toute aide à Haïti, ce qui bien sur, entraine des troubles sociaux qui serviront de prétexte à une intervention militaire canado-américaine qui kidnappera le président Aristide, en pleine nuit, pour l’expulser du pays.

La pseudo « reconstruction » du pays dont on parle aujourd’hui ne sera que le dernier chapitre de cette recolonisation du pays par les États-Unis. Haiti ne peut que s’enfoncer davantage sous le contrôle du FMI, qui vient de lui accorder une « aide » de 102 millions de dollars; une aide qui est en fait un prêt, remboursable, et surtout conditionnel à des politiques d’ajustement structurel(PAS), lesquelles, comme tous les précédents le démontrent, ne font que maintenir, et surtout aggraver la pauvreté des peuples qui en sont victimes. Cette stratégie, qui consiste a profiter des catastrophes pour imposer la domination des États-Unis, a été très bien expliquée et surtout illustrée par Naomi Klein dans son livre « La stratégie du choc ». À lire absolument.

La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre
de Naomi Klein

Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Naomi_Klein

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Reconstruire Haïti

Dans Uncategorized, le 28 janvier 2010 par Roger Blanchette Tagué: , , , , , , ,

POUR QUE LA COMPASSION ET LA SOLIDARITÉ NE SERVENT PAS DE CAMOUFLAGE AU MÉPRIS ET A LA MANIPULATION

La catastrophe qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier a suscité un mouvement de solidarité rarement vu, partout dans le monde, et particulièrement au Québec. Les liens culturels et historiques qui unissent nos deux peuples ont fait que les québécois ont réagi comme si c’était un membre de leur propre famille qui était touché. Cet élan spontané et généreux était beau à voir.

Mais a partir de maintenant, que va-t-il se passer ?

Malheureusement, dans notre monde, où une nouvelle chasse l’autre, où une majorité de gens ne vivent que dans l’instantané, le virtuel, et le moment présent, on peut craindre, en souhaitant se tromper, que cet élan de solidarité ne s’essouffle rapidement.

Et c’est alors qu’arriveront les vautours et les rapaces. Ils sont déjà là; ils prennent plusieurs visages. Celui du gouvernement étatsunien qui envoie 15,000 soldats occuper le pays et court-circuiter le travail des ONG, sous prétexte de maintenir l’ordre; celui des multinationales qui sous la protection de ces mêmes soldats vont profiter de la faiblesse de l’État haïtien pour mettre la main sur les ressources gazières et pétrolières récemment mises a jour dans le pays; celui des groupes religieux fondamentalistes comme les baptistes de l’Idaho ou les criminels de la scientologie a la John Travolta qui, sous le couvert de la religion et de la charité, vont carrément kidnapper des enfants sans défense.

Il faut aider les Haïtiens à reconstruire leur pays; mais les aider dans le respect de leur dignité et de leur intérêt. C’est dans cette direction que la solidarité des québécois doit maintenant se manifester et se diriger; cela se fera en s’informant et en gardant l’œil ouvert sur le processus de reconstruction, qui prendra des années. Cela se fera en continuant a soutenir les ONG sur le terrain, qui jouent et continueront a jouer, le rôle de chien de garde et de sonnette d’alarme contre tous ces prédateurs qui n’attendent qu’une minute d’inattention de notre part, pour se précipiter sur leur proie !

La vraie charité ne peut passer que par la justice, la vraie compassion ne peut passer que par le respect, la vraie générosité ne peut passer que par la transparence et la franchise. Sinon ce ne sont que des mots qui servent à camoufler le mépris et la manipulation; cela s’applique aussi bien aux personnes qu’aux institutions !

Roger Blanchette

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Un riche cocktail d’actualités internationales et nationales, le tout agrémenté de références historiques, d’analyses et de prises de position!

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on 28 janvier 2010 par Roger Blanchette

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