Après avoir parlé de la situation des femmes au Canada, 100 après la déclaration de Clara Zetkin, voici un tableau désespérant de la vie des femmes dans le monde.
À l’échelle de la planète, les femmes effectuent 80 % de tout le travail, salarié ou non; pourtant, elles ne possèdent que 10 % des richesses. Cela n’est qu’une donnée parmi d’autres qui illustre la persistance des inégalités.
Dans 26 pays du monde, des fillettes de plus en plus jeunes sont sexuellement mutilées de façon barbare, sous prétexte de préserver leur virginité. Les conséquences physiques et psychologiques sont terribles. La pratique se répand même en Amérique du Nord et en Europe avec la complicité de médecins sans scrupules.
Au Pakistan, en Afghanistan, en Iran, en Arabie Saoudite, au Yémen, les « crimes d’honneur » perpétrés par des membres de la famille se comptent par centaines, et sont couverts par les autorités.
Au Kosovo, en Bosnie, au Soudan, au Libéria, au Congo, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et dans beaucoup d’autres pays en guerre, les viols systématiques, et souvent collectifs, sont ou ont été commis sur ordre, de façon systématique, pour déstabiliser et anéantir des communautés.
En Europe de l’Est, des milliers de jeunes filles sont vendues chaque année, entre 10 000 $ et 15 000 $ chacune, pour alimenter les réseaux de prostitution au Canada, aux États-Unis et en Europe de l’Ouest. Les gouvernements de ces pays le savent, et ne font rien.
En Thaïlande, au Cambodge, aux Philippines, en République Dominicaine, des milliers de jeunes filles sont enlevées, ou achetées à leur famille pauvre et impuissante, pour fournir des bordels fréquentés par des touristes nord-américains, européens ou japonais. En Europe, on vend mêmes des guides touristiques pour pédophiles où on leur fournit les meilleurs « destinations ». En Thaïlande, cette exploitation sexuelle se double, et est alimentée par une exploitation économique sans vergogne! Une bonne partie des appareils électroniques, des jouets et d’autres objets que nous achetons sont fabriqués dans des conditions absolument inhumaines.
En Inde, des dizaines de milliers de petites filles sont tuées, ou empêchées de naître, grâce aux échographies, parce que leur famille n’a pas les moyens de payer la somme astronomique que constitue la dot; cette pratique est théoriquement interdite mais est tolérée par les gouvernements.
Dans plusieurs pays d’Amérique latine, au Mexique et au Pérou notamment, la violence contre les femmes et leur meurtre gratuit, prend des proportions inimaginables, et les gouvernements ne mettent aucun empressement à y mettre fin.
Aux États-Unis, les prisons pour femmes, nombreuses et remplies, qui sont gardées la plupart du temps par des hommes, sont le théâtre de brutalités, de viols et de toutes sortes de sévices, en toute impunité.
Quand au Canada, j’en ai parlé dans le texte précédent. Voici où on en est, 100 ans après Clara Zetkin. Non, il n’y a vraiment pas de quoi fêter. Mais il y a sûrement de quoi continuer la lutte!
Roger Blanchette

